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Développer l'esprit d'éveil

Lorsqu'il a été a été ordonné Bodhisattva,  l'enfant de Bouddha s'engage à développer l'esprit d'éveil (Bodhicitta), à travers ces 4 voeux (Shigu Seigan Mon) :

Kannon le Bodhisattva de la Compassion

  • Innombrables sont les êtres, je fais le voeu de les sauver.
  • Innombrables sont les passions, je fais le voeu de les trancher.
  • Innombrables sont les enseignements, je fais le voeu de les étudier.
  • Insurpassable est l'Eveil du Bouddha, je fais le voeu de le réaliser.
Oh là là !!!! le programme est trop vaste !!!! je n'y arriverai jamais !!!! Voilà la première réflexion qui nous vient en lisant ces voeux. Mais est-ce grave de ne pas y arriver totalement ? Doit-on absolument désirer une réussite totale de notre "bouddhéïté" ?

Ne doit-on pas plutôt s'appuyer sur nos faiblesses pour donner une ouverture plus grande à l'esprit d'éveil ? N'est-ce pas dans le samsâra (autrement dit la vie quotidienne) qu'il faut graver cet esprit d'éveil. Pour cela il faut reconnaître ses difficultés, les assumer pour mieux les surpasser.

Que ce soit ces quatre voeux, ou les dix préceptes de bien, le plus important est qu'ils soient présents dans notre vie. Même si nous ne sommes pas Le Bodhisattva idéal, la Boddhicitta doit éclabousser notre vie quotidienne.

Gasshô

Pour sortir de la crise, c’est l’humanité qui doit changer

Les co-signataires de la lettre ci-dessous sont :

- Docteur Christophe André, médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne, écrivain
- Philippe Desbrosses, agriculteur – docteur en Sciences de l’Environnement, co-fondateur d’Intelligence Verte et des principaux mouvements d’Agriculture Biologique.
- Marc Luyckx Ghisi, théologien, mathématicien, philosophe, ancien conseiller spécial à la présidence de la Commission Européenne.
- Edgar Morin, sociologue, philosophe, auteur de nombreux ouvrages de référence.
- Docteur Hanh Nguyen Ngoc, médecin acupuncteur, enseignante du Dharma, présidente de l’association Pour les Enfants du Vietnam.
- Jean-Marie Pelt, botaniste, agrégé de pharmacie, écrivain, homme de radio.
- Patrick Viveret, philosophe, magistrat honoraire à la Cour des Comptes de Paris.
- Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe, essayiste auteur de "La sobriété heureuse".

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Nous sommes un certain nombre à penser que les valeurs fondatrices de nos civilisations sont cycliquement remises en cause.

Changer le monde


Nous savons que les idéaux qui accompagnent les grandes épopées humaines ont besoin de se renouveler pour s’adapter à l’esprit des Temps et aux besoins des générations qui se succèdent sur la Terre.

L’humanité est-elle prête à accueillir une transformation de la conscience aussi radicale et profonde que celle qui lui permettrait de s’ouvrir à la splendeur du monde, à la manière d’un bourgeon qui explose au printemps pour faire apparaître la lumière de la fleur, prémisse de l’accomplissement du fruit ?

"… L’éventualité d’une telle transformation constitue l’essentiel du message des enseignements des grands sages de l’histoire humaine : Bouddha, Jésus et d’autres figures emblématiques sont les premières fleurs de l’humanité. Ce sont les précurseurs des fleurs précoces, rares et précieuses et leurs messages respectifs ont été largement incompris et souvent déformés, car une floraison généralisée n’était pas encore possible à leur époque…" (Eckhart Tolle)

L’humanité est-elle prête aujourd’hui, plus qu’elle ne l’était hier, à ce formidable changement intérieur qui prédispose à tous les changements possibles pour l’extérieur ?

Nous sommes une "grande minorité" à le croire et à le démontrer.

Résistances populaires et initiatives citoyennes


Toutes les résistances populaires des indignés face à l’imposture de la sphère financière, les innovations sociales en cours et les manifestations de la société civile pour instituer davantage de justice, davantage de solidarité, davantage de partage et de fraternité ne sont-elles pas les signes avant-coureurs de la mutation attendue ?

Toutes les initiatives citoyennes : "Resto du cœur", jardins de cocagne, économie solidaire, commerce équitable, AMAP (association pour le maintien des agricultures paysannes), Terres de Lien, Médecins sans frontières et combien d’autres mouvements bénévoles de protection de l’environnement et d’actions caritatives, n’en sont-elles pas les manifestations exemplaires ?

Elles suscitent l’adhésion spontanée et désintéressée de tant de jeunes aujourd’hui, parce qu’il sont plus préoccupés d’entraide, de solidarité et de coopération que de carrières, de compétitions ou de profits stériles…

N'éludons pas nos responsabilités


Tous ces indicateurs du changement sont sous nos yeux, aussi incontournables et irrépressibles que la métamorphose de la chenille en papillon.

Le best-seller du Vénérable Thich Nhat Hanh*, "Ce monde est tout ce que nous avons" est une invitation à relier l’écologie et la spiritualité, comme deux notions indissociables de l’énergie du "Sacré". Nous devons changer ce monde : nous changer nous-mêmes pour le rendre plus juste, plus sûr et plus durable pour les multiples espèces qui en ont besoin avec nous… et après nous, et surtout ne pas laisser faire l’insupportable discrimination économique et sociale qui dégrade la personne humaine et qui compromet toute possibilité de vivre en paix sur cette terre.

N’est-ce pas le plus beau et le plus grand des enjeux que nous pouvons relayer sur la terre entière avec les modes de communications modernes dont nous disposons afin de susciter cet immense élan vers un idéal commun : protéger la vie et les ressources sur cette belle et unique planète en commençant par célébrer en nous les valeurs sacrées de la spiritualité et de la pleine conscience.

C’est le programme du rendez-vous des 15 et 16 septembre prochain à l’Espace de la Grande Arche à Paris La Défense autour de l’engagement "pour une éthique globale", en faveur des principes d’équité et de non-violence.

N’éludons pas nos responsabilités individuelles et collectives dans la situation de ce monde en surgissement. Apprenons à vivre ensemble et à incarner ce message de paix pour entrer dans la liberté.


Source : leplus.nouvelobs.com

Gasshô

Propos sur la racine des légumes 5




Le calme que l'on trouve dans le calme n'est pas le véritable calme. Seul celui qu'on peut trouver dans l'agitation est le véritable domaine de notre nature.

La joie qu'on éprouve dans la joie n'est pas la véritable joie. Seule celle qu'on peut éprouver dans la détresse est la véritable inspiration de notre coeur.

Hong Zicheng
Propos sur la racine des légumes - Editons Zulma








Gasshô

Zazen partout ?


En cette période automnale je suis fréquemment en déplacement professionnel. Je passe une partie de mes nuits de la semaine dans des hôtels. Il n'est pas envisageable, pour moi, de ne pas faire ma méditation quotidienne... Il faut donc que je m'adapte.

Les déplacements en train sont un peu plus chargés, un zafu de voyage et les vements dans un sac,  le matériel professionnel (ordinateur, documents) dans un autre. Mes collègues me regardent avec un oeil amusé... Ils voyagent plus léger ;-)

Chaque chambre d'hôtel est différente !!!
L'expérience de la méditation en divers endroits est très enrichissante. Chaque chambre d'hôtel est différente. La décoration peut être classique, roccoco, voir psychédélique. La chambre peut être très étroite ou bien spacieuse. Le zazen ne peut lui aussi qu'être différent... et à la fois non-différent.

Les bruits de la ville sont différents, suivant l'endroit ou nous sommes. Le calme absolu n'existe pas en centre ville ;-)

Lorsque je suis à Paris le métro passant sous l'hôtel, il ya des vibrations fréquentes, hier à Orléans c'était plus l'agitation et les conversations de la rue piétonne, l'autre jour à marseille c'était plutôt l'accent  chantant qui prédominait. Le matin les bruits au lever sont aussi bien différents, suivant les villes... métro ou tramway, voitures ou vélos, poubelles ou non ?

Dans les faits tout cela n'est en rien perturbateur, mais permet d'ancrer la méditation dans la vie quotidienne, le monde... d'ailleurs ces perturbations existent-elles vraiment ?  Les bruits sont-ils des bruits ou des non-bruits ? L'agitation une agitation ou une non-agitation ?
 
Il y a quelques temps je trouvais perturbant de ne pas être dans mon élément familier pour faire zazen, et je m'appuyais sur cette raison pour ne pas méditer en dehors du cadre de la maison, ou du groupe de méditation de Nantes...

Une phrase de maître Deshimaru, que j'avais entendu lors d'un kusen (enseignement durant la méditation) au dojo de Nantes il y a maintenant plusieurs années, a refait surface un jour :

"Vous devez être capable de faire Zazen... même dans les toilettes".

Je n'ai pas encore essayé la baignoire d'un hôtel pour méditer, mais çà doit être possible ;-)

Gasshô

Hymne au Zazen

Voici un très joli écrit par Hakuin Ekaku, traduit par Jacques Brosse, qui est un hymne à la méditation. Celle-ci nous révèlera toute la saveur de ce texte. (c.f. l'article : De la lecture des textes bouddhiques.)


Zazen-Wasan (Hymne au Zazen)

Depuis l'origine, tous les êtres vivants sont Bouddhas.
C'est comme l'eau et la glace,
Sans eau point de glace,
Hors de nous point de Bouddhas.

Pourtant nous allons chercher au loin ce que nous avons sous la main,
Comme un homme qui dans l'eau crierait "J'ai soif !"
Comme un fils de riche naissance
Qui vagabonderait interminablement parmi les misérables,
Nous errons sans fin dans les six mondes *
Victimes des illusions de l'égo
Empruntant  des chemins toujours plus obscurs.

Quand pourrons-nous échapper à la naissance-et-mort ?
La porte de la liberté est la samâdhi du zazen,
tel est le Mahâyâna suprême,
Au-delà de toute louange.

Observer les préceptes, le don, le repentir,
Pratiquer d'innombrables bonnes actions et un mode de vie juste
Tout cela trouve sa source au zazen.

S'y asseoir, ne serait-ce  qu'une seule fois,
Dissout tous les obstacles et purifie le karma.
Où sont donc les chemins obscurs dans lesquels nous nous égarions ?
la terre pure du Lotus n'est pas loin.
 
Si par chance vous entendez cet enseignement,
Admirez-le, vous y trouverez la joie pure
Et le bonheur sans limites.
Si vous vous y consacrez, vous découvrirez,
Au-dedans de vous, votre propre nature.

Votre vrai moi est non-moi
Vous voilà loin des ratiocinations** inutiles.
S'ouvre la porte de l'unité de la cause et de l'effet,
Il n'y a pas plus de 2 ou 3 voies,
Mais une seule, droit devant vous.

La forme est désormais non-forme.
Que vous alliez ou que vous veniez,
Vous ne quittez jamais la maison.
Notre pensée est maintenant non-pensée,
Notre danse et nos cahnts sont la voie du Dharma.
Illimité est le ciel de la pure contemplation !
Limpide et brillante la pleine lune de la sagesse !

Qu'y a-t-il encore à chercher?
Que nous manquerait-il ?
Cett terre est la Terre pure du Lotus,
Ce corps même est le corps du Bouddha.


Hakuin Ekaku (1686/1769)

* les 6 mondes composant le Samsâra 
** Abus de raisonnement 

Gasshô

Haïku - Issa




Dans le champ près du portail

 

Agaçant le chat

 

Les feuilles mortes

 


Issa


Gasshô

De la lecture des textes bouddhiques

 
Pour faire écho à cet article paru sur le blog de Frédéric Baylot je vais aujourd'hui développer cette réponse que j'ai fait à quelqu'un qui demandait quoi lire sur le zen. Je lui avais dit "pour comprendre certains écrits il faut lire et méditer".

Lorsqu'on lit les textes classiques du zen tel que le Shin Jin Mei, l'Hokyo Zan Mai ou le San Do Kai nous ne comprenons pas le sens profond de ces textes à l'esprit non occidental. Mais au fur et à mesure du temps la méditation et la pratique éclairent ces textes.
Il en va de même pour les soutras dont nous ne possèdons pas les clés de compréhension. En ce qui concerne ces dernières, un enseignant qui nous décode justement ces clés est un plus.



Il faut parfois plusieurs années de pratique, avant d'avoir un éclairage nouveau sur ces textes, parfois très difficiles à cerner pour un occidental.

Cela ne veut pas dire qu'il faille attendre pour les lire... mais il ne faut pas essayer de tout comprendre, il vaut mieux se laisser porter par la poésie ou encore prendre certains soutras comme des épopées.

Par la suite la méditation permettra d'intégrer dans le corps-esprit ces joyaux de l'enseignement bouddhiste.

Dans la lecture et l'étude des soutras et textes classiques l'esprit mushotoku (esprit qui ne cherche pas à obtenir) est aussi important que pour la méditation.

Gasshô