Se prosterner


Lors d'un séjour en Corée du Sud, en début d'année, j'ai eu l'occasion de participer à des cérémonies bouddhistes. Lors de cette expérience j'ai été particulièrement touché par les prosternations. Des laïques se prosternent, au moins 108 fois, j'ai arrêté de compter au bout d'un tour de mala, tout au long de la cérémonie. Celle-ci est constituée principalement de chants de soutras par les moines.

Je me suis calé sur mes voisins pour faire ces prosternations. Malgré la barrière du langage et le fait que je ne comprenais rien de ce qui se passait, une communion intense avec eux m'a permis de rentrer pleinement dans cette pratique.

Cette expérience m'a permis de découvrir, par le corps/esprit la véritable nature de la prosternation. J'ai pu toucher l'abandon total, vivre l'instant présent sans arrière-pensée. J'ai pu accueillir les pas du Bouddha dans mes mains ouvertes.




 Après zazen, nous nous prosternons neuf fois contre le sol. En nous prosternant, nous nous abandonnons. Nous abandonner signifie abandonner nos idées dualistes. Il n'y a donc pas de différence entre faire zazen et se prosterner. D'habitude, se prosterner signifie présenter ses respects à ce qui est plus digne de respect que soi-même. Mais quand vous vous prosternez devant Bouddha, vous ne devriez avoir aucune idée de Bouddha, vous devenez simplement un avec le Bouddha, vous êtes déjà Bouddha même. Quand vous devenez un avec Bouddha, un avec tout ce qui existe, vous trouvez la vraie signification de votre être. Quand vous oubliez toutes vos idées dualistes, tout devient votre maître, et tout peut-être l'objet d'adoration.
Shunryu Suzuki

Depuis mon retour de Corée les prosternations (3 fois suivant la tradition zen) sont totalement intégrées dans ma pratique quotidienne. Je remercie les bouddhistes coréens d'avoir pu pratiquer avec eux, mais aussi ma fille pour avoir fait ses études durant 1 an en Corée, sans elle je n'aurai pas découvert cette belle pratique.

Les mains jointes
Sceau Anshu 70 pxHenri